Webwitch

Proposé par


Web Witch :

Scénario/Dessin : Matt MARTIN

240 pages

Format ; 17,6 x 26,8 cm

Prix : 18€

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Synopsis :

Transformée en webwitch par la reine de la nation Arachnéïde, Nina a pour mission d’avoir autant de partenaires sexuels que possible afin d’en trouver un qui soit génétiquement compatible pour donner naissance à un roi. Capturée par le gouvernement qui parvient à contrôler son ADN, elle aidera les humains dans leur lutte contre l’envahisseur…

Cette bande dessinée d’erotic fantasy qui nous vient des USA est agrémentée d’une magnifique galerie de couvertures et d’illustrations : un must pour les fans d’érotisme sexy et d’action fantastique.


Webwitch est une série sortie aux USA chez Boundless, la branche adulte d’Avatar Press, qui compte déjà de nombreux titres similaires tels qu’Unholy (sorti chez Tabou), Jungle Fantasy (toujours chez Tabou) ou encore War Goddess (sorti chez Graph Zeppelin, la branche comics plus grand public de Tabou)

Ce premier album, qui se découpe en 3 parties, est un pari osé, car nous débarquons dans un univers où tout est déjà en place et dans lequel il est difficile de s’immerger. Pourtant le synopsis est simple : Nina agent du gouvernement assigné aux sales besognes, passe son temps à tuer des cibles et baiser avec son partenaire et amant, Dale. Nous assistons donc à un défilé de tueries et baises sauvages au travers de planches au dessin très agréable. Collant parfaitement à l’univers, le style relativement passe-partout, mais très fluide de Matt Martin se laisse bien regarder. Une belle colorisation ne gâche rien et donne un ensemble harmonieux. Si l’on ajoute le fait que le dessinateur est aussi scénariste sur cette histoire, on ne peut que trouver le tout cohérent. Mais je me perds, où est la Webwitch toute verte ? C’est en fait Nina, qui sous son apparence humaine, cache la férocité d’une arachnéïde transformée par la reine avec pour mission de donner naissance à un nouveau roi pour la ruche.

Mais Nina s’est émancipée de sa reine, et elle aspire maintenant à vivre une vie trépidante dans les bras et dans le lit (ou ailleurs) de Dale. C’était bien sûr sans compter sur la ténacité des arachnéïdes qui vont très vite retrouver sa trace et lui faire comprendre qui elle est réellement. Car la force de cette série est aussi sa faiblesse si on ne lit pas les histoires précédentes. On est mis devant le constat de Nina vivant une vie humaine, avec des pulsions arachnéïdes, mais à aucun moment on ne peut comprendre qu’en fait Nina était une exploratrice qui voulant s’abriter, avait pénétré dans une caverne qui s’avérait être la ruche. Scénario facile, certes, mais pas mal d’éléments balancés à la va-vite, partant du principe que cette minisérie est déjà la suite d’une autre. On sent que le scénariste / dessinateur a voulu se faire plaisir en respectant le matériel d’origine, ce qu’il fait en partie, mais pas tout le temps. La scène où Nina se met à combattre les autres arachnéïdes à coup de jet de pisse est totalement ridicule, certains plans rappelant un Spiderman avec un filet d’urine au lieu de son fil d’araignée. Clin d’œil ? pas sûr. Au final malgré quelques maladresses, et un rythme pas toujours maîtrisé, l’ensemble se tient.

La deuxième partie de l’album, quant à elle, est réservée à Tim Vigil, adepte depuis de nombreuses années aux séries très orientées sexe, par exemple l’étonnant Faust. Changement drastique de ton, et de dessin. On passe d’une Nina tout en courbes délicates, à une guerrière très affutée au physique d’une reine de la muscu. Très anguleuse, très musculeuse, Nina est méconnaissable, devenant plus une sorte de Sarah Connor en pleines tractions, plutôt qu’une séductrice fatale. Tim Vigil, faisant comme Matt Martin sur la première histoire du tome, le scénario est le dessin, il laisse aller ses envies de dessin destructeur, faisant plus la part belle à l’apparence arachnéïde qu’a l’apparence humaine de l’héroïne. On touche là du doigt un des gros problèmes de cet album, « Matt Martin Webwitch » nous laisse penser que ce personnage est une création de Matt Martin, alors que c’est en fait Tim Vigil qui en est à l’origine. Relégué en deuxième partie, comme le second film du dimanche soir que l’on aimerait voir sachant qu’il faut bosser le lendemain, on a du mal à s’attarder sur l’histoire de Vigil, assez basique et sans grande saveur. Son style plus old-school tranche véritablement avec le début de l’album, mais il peut satisfaire un autre public, tout en complétant l’univers.

Enfin, troisième et inévitable partie, la galerie de couverture. À l’instar des autres publications du même éditeur, elle est un élément incontournable pour en apprendre un peu plus sur les comics eux-mêmes et l’intention des auteurs. Certains trouveront qu’une trentaine de pages de cover, c’est beaucoup trop, mais d’autres y trouveront leur compte. Outre les couvertures de Vigil et Martin sur leurs numéros respectifs, on notera les excellentes illustrations de Christian Zanier, qui sait manier à merveille la multiple cover « transformation ». Pour un même personnage, une même pose, on à quatre dessins complètement différents, allant de la tenue militaire à la nudité totale, sans changer la pose, mais en retirant les accessoires. Après certains dessins sont inutilement trash, mais on ne peut pas leur en vouloir, ils ont laissé libre cours à leurs envies, ce qui n’est pas toujours possible chez les autres éditeurs.

Au final, Webwitch est un album agréable à lire, malgré les zones d’ombres dans le scénario, et la diversité des auteurs contentera tout le monde. Si vous aimez les extra-terrestres, les araignées, les nanas à poils, les invasions, les explosions, et la couleur verte, cet album est fait pour vous !

Extraits :