L’apprentissage du dessin pour adulte

Pour faire suite au premier article sur mon envie de continuer le dessin pour adulte,

J’entame un apprentissage tout seul en m’inspirant des Bande-dessinées que j’achète non-stop. Je découvre le travail de Xavier Duvet, mais je n’ose pas en acheter. Les sujets me semblent étranges pour moi qui suis encore jeune et je me vois mal expliquer à mes parents, chez qui je vis encore à l’époque, pourquoi j’ai des Bande-Dessinées adultes avec des hommes en femmes. Pourtant, les dessins sont fantastiques.

Je continue de prendre toutes les sorties de Paolo Eleuteri Serpieri, Manara et je file chaque mois chez le libraire acheté les magazines regroupant plusieurs histoires de plusieurs dessinateurs et dessinatrices. La poudre aux rêves, BédéSM, Kiss Comix, Bd Penthouse, Selen. Je découvre sans cesse de nouveaux artistes, de nouveaux styles.

Je m’inspire et recopie pour apprendre, mais la tâche est difficile. Je dessine déjà dans un style qui m’est proche et très identifiable et j’ai du mal à m’en décrocher pour faire quelque chose de différent.

Même si je ne suis pas un professionnel, on me demande de réaliser des BD pour adultes à destination de l’étranger. Étrangement, les commanditaires sont des pays ou ce genre de choses sont strictement interdits. Je regrette aujourd’hui de ne pas avoir gardé les scans des pages pour les mettre ici.

Je réalise donc 4 petites BD adultes vendues sous le manteau à l’étranger. Avec le recul, je me rappelle des dessins et ça fait mal de voir que c’était clairement nul. Mais cela fait partie de mon histoire.

Je continue mon apprentissage en découvrant différentes techniques et matériels. J’avais négligé que suivant le matériel, on travaille mieux. Il fallait bien que jeunesse se fasse. Mes premiers essais avec le crayonné et l’estompage se faisait avec le doigt.


Je m’essaye aussi à la couleur en recopiant des personnages de Manara. Jusque-là, j’ai toujours préféré le noir et blanc. Encore aujourd’hui d’ailleurs, mais la couleur et l’estompage permet des reliefs vraiment plus poussés.

À tel point que je ne travaille plus seulement les pin-ups, mais les gros plans. J’ai du temps pour le faire et un espace plus safe.

À ce moment de ma vie, j’avais pris mon indépendance et j’avais mon studio en région parisienne. Personne ne risquait de tomber sur mes dessins salaces et de me prendre pour un obsédé, bien que je l’assume pleinement encore aujourd’hui.

Pourtant, ces dessins sont restés dans les cartons, car, malgré le fait d’assumé aujourd’hui, à l’époque, c’était difficile de regarder ces dessins sans se dire que, si on me posait la question de « pourquoi avoir dessiné la femme dans telle ou telle situation ? » Cela aurait été compliqué de dire que parfois, les fantasmes, quand on ne les vis pas, on les imagine.

Certains dans leur tête, d’autres en les recherchant au travers de pornos, moi, j’avais besoin de les extérioriser au travers de mes images, de mes dessins, de mes crayons..

Nous sommes à peu près vers l’an 2000 approchant et beaucoup de changements vont m’éloigner du dessin pour adulte. Déjà, professionnellement, il faut que je fasse ma place et c’est chose faite, mais d’un deuil s’en suivra un déménagement dans le sud de la France où je suis encore.

L’orientation artistique va me faire me rapprocher de mon premier amour en matière de dessin et c’est dans ce domaine que l’on me sollicite le plus. Durant quelques années, je dessine sur commande et réalise des BD qui n’ont rien à voir avec la bande dessinée adulte. De plus, je vis en couple et il y a une certaine retenue de dessiner ce genre de choses devant Tania.

Je fonce tête baissée dans ce dessin que j’aime, mais j’aurais aimé développer cette envie latente de réaliser de la bd porn

à suivre…