Jungle Girl

Proposé par


JUNGLE GIRL OMNIBUS – Version Française

Franck CHO (scénario)

Doug MURRAY (scénario)

Adriano BATISTA (dessins)

256 Pages

19€

Les titres Graph Zeppelin sont trouvables en librairie spécialisée. Ils n’ont pas de site dédié.


Extrait :

Synopsis :

Vivant sur une île peuplée de dinosaures et de tribus sanguinaires, Jana SkyBorn alias Jungle Girl est une jeune femme qui lutte en permanence pour sa survie. Alors qu’elle essaie de piéger un mosaure (un monstre aquatique préhistorique), la belle aperçoit la lumière vive d’un aéronef qui s’écrase à proximité. Jana se rend sur les lieux du crash et découvre qu’à l’intérieur de cet étrange engin se trouve une équipe de documentalistes encore en vie. Dans cette jungle hostile infestée de dinosaures, de cannibales, de sirènes et de monstres marins, elle fera tout pour aider les naufragés à rester en vie.


Aujourd’hui, je vous invite à découvrir avec moi l’album Jungle Fantasy : Vixens par les éditions Tabou. Adaptation d’un comics sorti chez Boundless, la branche érotique d’Avatar Press, cette série est une des moins connues du label. Pas évident, donc, de captiver un nouveau public avec des protagonistes sans antériorité, tout en cultivant le coté sexe de la marque. A première vue, nous avons à faire à une histoire préhistorique, sorte de Cavewoman nouvelle version. Mais en parcourant les premières pages, on se rend vite compte que le scénario est tout autre.

Les deux héroïnes, Kit et Lani, sont les seules rescapées du crash de leur vaisseau spatial, le Drayson, sur une planète inconnue. Elles ont donc appris à vivre l’une avec l’autre, profitant de ce qu’elles trouvent sur cette terre vierge de toute civilisation. Mais très vite, elles s’aperçoivent qu’elles ne sont pas les seules à s’en être sorties, la mère de Kit, elle aussi aurait survécu, mais elles comprennent aussi qu’un groupe d’hommes aux intentions plus que douteuses ont un camp bien établi non loin de leur point de chute.

Ici, tout est très vite prétexte à perdre ses vêtements, et chaque individu du sexe masculin rencontré au fil de l’histoire ne résonne que par un zip de la braguette, forçant les deux jeunes filles à assouvir tous leurs désirs. Gang macho, parties à trois, éjac faciale, on a droit à tous les classiques du genre. Comme un schéma de porno qui se répète, fellation, cunnilingus, pénétration, sodomie, éjaculation, là nous avons capture, sévices, évasion, partie de baise et meurtre pour conclure. Au final rien de nouveau, et on parcoure très vite l’histoire, sans vraiment comprendre ce que les deux filles font là, et surtout où va l’intrigue. Et juste au moment où on commence à rentrer dans le vif du sujet (sans jeu de mot), le clap de fin retentit. Une deuxième partie étonnante arrive alors, sous forme de chapitre littéraire illustré par une pleine page, nous narrant les toutes premières aventures de Kit et Lani à l’issu du crash. On comprend alors qu’elles ont eu quelques démêlés hauts en couleurs avant de pouvoir vivre plus paisiblement. Le lecteur de BD sera déstabilisé, car le style de Renato Camilo étant très explicite, on se plait à admirer certains actes, l’exactitude des poses, l’excitation des queues dressées et la malice des chattes entrouvertes avec un petit anus plus que suggéré. Difficile donc, de passer des planches sexy aux paragraphes plus rébarbatifs et monochromes.

S’ensuit une histoire complètement à l’opposé de l’album, tout en finesse, en douceur et sans grosse verge qui coule. Tundra dépeint l’histoire d’une jeune sauvageonne et de son père qui va subir un bien triste sort. Mise à part la nudité de la belle, aucun étalage d’acte gratuit, ni d’exagération des sens. J’avoue être surpris par la fraîcheur et la sincérité de ce chapitre qui est aux antipodes de l’histoire précédente, une sortie de fable prônant la supériorité de la nature (et des animaux) sur l’être humain, représenté comme basique et peu évolué.

Enfin dernière partie de l’album, qui représente quand même quasiment la moitié du livre, les galeries de couvertures. On avait déjà eu l’exemple avec Unholy et ses variantes nudes, mais là, le nombres de couvertures différentes est impressionnant. Il y en a même un peu trop du coup. Le coté Artbook prend le pas sur le coté BD pure, et on ne fait plus que feuilleter les pages pour regarder les variations, parfois inutiles, de certains des artworks. Certains numéros ont eu six couvertures avec pour seules différences les tenues des deux héroïnes, alors, quand on regarde l’ensemble, on ne peut s’empêcher de vouloir jouer au jeu des 7 différences, ce qui n’est pas le but du tout.

En somme Jungle Fantasy : Vixens est un bon album, très bien dessiné, mais avec un scénario plutôt simpliste et des personnages ultra-caricaturaux. On déplore, comme dans Unholy, la place trop importante accordé au portfolio des illustrations, qui fait que ce bonus rend les pages de l’histoire anecdotiques. Tabou ne démérite pas avec une qualité toute particulière à la fabrication de l’album, c’est toujours un plaisir de voir des objets aussi bien finis et soigneusement réalisés. Donc si vous aimez les femmes du futur à l’époque préhistorique ou si vous pensez que les machos pourraient dominer le monde, alors ce livre est fait pour vous. Mais si vous cherchez une histoire subtile, un jeu de séduction tout en raffinement et jeux de regards, je vous conseille d’aller directement au chapitre Tundra, mon coup de cœur à moi, qui vous transportera littéralement au pôle nord. Il y en a donc vraiment pour tous les goûts dans Jungle Fantasy : Vixens !